Chez Diapa et Binta, à Koussan

Publié le 23 Décembre 2013

Chez Diapa et Binta, à Koussan

De passage à Koussan ce week-end, je ne pouvais pas ne pas rendre visite à Diapa Diallo, grand agriculteur vivant dans le petit hameau de Seno Thiekoye, à 7km de Koussan. Dans le cadre du partenariat entre le PNR de Millevaches en Limousin et la RNC du Boundou, c'est chez lui que nous avions lancé la première expérience d'élevage de coqs du Limousin en 2011.

Un premier lot d'oeufs du Limousin avait été apporté, couvé à Tambacounda, puis les poussins avait été transférés chez Diapa. Malheureusement une maladie rare avait contaminés nos poussins et les avait tellement affaiblis qu'ils moururent petit à petit en brousse. Loin de nous décourager, nous apportâmes un deuxième lot d'oeufs, dans l'espoir que les poussins échapperaient aux maladies et qu'ils pourraient constituer une base de reproducteurs. Cependant, c'était à la fin de la mission dans la RNC du Boundou et je partis en laissant les oeufs en couveuse... que s'est-il passé pendant tout ce temps ???

Eh bien, certains poussins sortirent de la couveuse à Tamba, malgré un taux d'éclosion assez faible. Certainement dû au fait que les oeufs avaient été collectés en France en été, une saison moins favorable à la reproduction. Les poussins furent ensuite transférés chez Diapa, mais là encore, des petits problèmes de parasites, de varans et compagnie... et la plupart des poussins moururent... tous sauf 2 ! Un Coq et une poule, qui sont actuellement chez Diapa !

Les deux rescapés, un coq et une poule limousine, qui se portent pas si mal que ça !

Les deux rescapés, un coq et une poule limousine, qui se portent pas si mal que ça !

En questionnant Diapa sur nos deux Limousines, il répondit que le coq se portait bien malgré quelques petits problèmes de santé de temps en temps. La poule semblait plus résistante, pondait, mais ne couvait pas. Ce problème de couvaison, qui avait déjà été constaté avec le premier lot de poussins, semble donc persister même si la poule vieillit.

Diapa me montra ensuite les autres poules de la basse-cour en précisant qu'il s'agissait tous d'hybrides. Eh oui, notre coq du Limousin n'a pas chômé ! Et puisque tous les coqs locaux ont été mangés depuis longtemps, pas de doute possible quant à la paternité des poussins. Des hybrides vifs, résistants et plus gros que la race locale, tout ce que nous recherchions ! Et un détail important, les poules hybrides couvent bien, elles. L'espoir est donc possible !

Lorsque je demandai à Diapa combien il vendait ses hybrides, il eut un moment de réflexion, puis se tourna vers sa femme. L'élevage des poules, chez les Peuls, est une affaire de femmes. Ce sont elles qui les nourrissent et donc par conséquent, qui les vendent. Cela leur procure une petite source de revenu personnelle. Sa femme Binta, qui avait eu la gentillesse de jeter quelques graines pour que je puisse photographier les limousines, répondit donc qu'elle vendait les poules 1500F (au lieu de 1000F pour les poules locales) et les coq 2500F (au lieu de 1500F pour les coqs locaux). Une sacré plus-value qu'ils peuvent maintenant se permettre car les villageois apprécient la qualité de la chair des hybrides, et acceptent d'en payer le prix.

Les hybrides de première génération : père limousine et mère locale

Les hybrides de première génération : père limousine et mère locale

Un des premiers hybrides que Diapa a eu l'année dernière

Un des premiers hybrides que Diapa a eu l'année dernière

Le même un an après... je ne sais pas vous, mais moi je le trouve pas commode du tout... et il a des ergots de malade !!!

Le même un an après... je ne sais pas vous, mais moi je le trouve pas commode du tout... et il a des ergots de malade !!!

Un autre point important était de vérifier l'état du poulailler. J'avais malheureusement entendu dire que notre magnifique poulailler, que nous avions aidé à construire en charriant des brouettes et des brouettes d'argile, avait brûlé. Ou plus exactement que Diapa y avait mis le feu suite à une "invasion de parasites". Grum, là, difficile de vous mentir, le poulailler à bel et bien brûlé. Mais que tout le monde se rassure, Diapa songe bien à le reconstruire, maintenant que la saison des récolte est finie. D'ailleurs, une pile de briques en banco se prépare derrière. Restera à faire comprendre à Diapa qu'il y a peut-être moins radical que le feu pour lutter contre les parasites !

Notre beau poulailler "multiplicateur" qui nous avions fait avec amour avec nos petites main... après le passage du feu :-(

Notre beau poulailler "multiplicateur" qui nous avions fait avec amour avec nos petites main... après le passage du feu :-(

Mais heureusement, Diapa prévoit de le réparer : il prépare de nouvelles briques en banco !

Mais heureusement, Diapa prévoit de le réparer : il prépare de nouvelles briques en banco !

Diapa avait condamné les fenêtres, car la pluie rentrait pendant l'hivernage... surement un problème de mauvaise exposition

Diapa avait condamné les fenêtres, car la pluie rentrait pendant l'hivernage... surement un problème de mauvaise exposition

Rédigé par Claire

Publié dans #Poules et Pintades, #Visites et rencontres

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cheikhou DIAKHABY 13/09/2016 22:15

j'aime Notre projet de boundou

Myriam 25/12/2013 09:57

Tous nos efforts n'auront pas été vains, je m'en réjouis. C'est encourageant pour mes collègues du PNR Millevaches qui préparent une nouvelle mission. Mais pourquoi diable ces Limousines ne couvent-elles pas au Sénégal ? Jean-Marie ton avis ?
Félicitations à Diapa et Binta pour leur persévérance. Myriam