L'Union des Producteurs Horticoles de Bakel

Publié le 12 Avril 2014

L'Union des Producteurs Horticoles de Bakel

Ce mardi 8 avril, je partis tôt en 7-places pour rencontrer l'Union des producteurs horticoles de Bakel, qui était impliqué dans un projet de spiruline entre 2007 et 2010. Après 4 heures de route en zigzag (ou plus exactement, la route est droite, se sont les trous qui nous font slalomer !), je fus accueillie par Samba Ka (Président de l'Union) et Moussa Ndiaye (technicien de l'Union) dans leurs locaux de Bakel.

Pour être exacte, ce n'était pas la première fois que je rencontrais Samba Ka. Il y a quelques années, je l'avais accueilli chez moi à Tamba avec mon ami Mamadou Fadé. Je ne savais pas à l'époque qu'il faisait de la spiruline... à vrai dire, je ne connaissais pas encore la spiruline. Je me souviens juste que Samba avait apprécié mon taboulé végétarien au fonio, ce qui est très rare pour un Sénégalais ! Quoi qu'il en soit, lorsque je fis ma formation spiruline au CFPPA de Hyères et qu'on me parla du projet qu'ils avaient appuyé à Bakel, je fis le rapprochement. Le monde est quand même bien petit !

De retour au Sénégal, je me promis donc de rendre visite à Samba Ka, aussi connu sous le nom d'Amadi Diallo (oui, au Sénégal, Ka et Diallo c'est un peu pareil, c'est Peul !). Il fallu attendre un petit moment avant de pouvoir nous coordonner, et attendre que j'ai suffisamment de souche pour en apporter un peu à Bakel : c'est que l'idée de reprendre la spiruline était aussi tentante !

 

L'Union des Producteurs Horticoles de Bakel
L'équipe de Bakel avec 750ml de ma souche ! De gauche à droite : Moussa Ndiaye, Samba Ka et Mamadou Fadé.

L'équipe de Bakel avec 750ml de ma souche ! De gauche à droite : Moussa Ndiaye, Samba Ka et Mamadou Fadé.

Dans le petit bureau de l'UPHORBAK, Samba me raconta donc comment il en était arrivé à produire de la spiruline. En 2007, il partit pour une formation sur la spiruline au CFPPA de Hyères, avec l'appui de partenaires de Bakel et du Rotary. A son retour, il fit son possible pour lancer la production avec de petits moyens, au sein de l'Union des producteurs horticoles. Leur production n'était pas destinée à la vente, mais à un appui aux familles de Bakel. Ainsi, Samba initia des séances de sensibilisation des mamans sur la nutrition de leurs enfants. Les mamans venaient faire peser leurs enfants régulièrement et partageaient un repas agrémenté de spiruline selon les besoins. En cas de malnutrition sévère, un régime alimentaire spécifique à base de spiruline était préconisé avec le suivi du centre de santé. Les effets étaient visibles et les mamans venaient de plus en plus nombreuses.

Pendant que Samba se chargeait de la sensibilisation des mamans, Moussa Ndiaye s'occupait de la production en tant que telle : suivi des bassins, récolte, pressage et séchage. Ils disposaient alors d'un premier bassin de 5m2, puis d'un deuxième de 15m2. A part les problèmes de vent (poussière) et de chaleur en saison sèche, la culture se portait plutôt bien et les résultats étaient satisfaisants.

Cependant, malgré la demande locale et le fort investissement de Samba et Moussa, la production ne dura que 3 ans. Le projet était principalement financé par les fonds de l'union et comptait sur une grande partie de bénévolat. La spiruline n'était pas vendue à l'extérieur, faute de production suffisante, mais aussi faute de conditionnement approprié (la spiruline était consommée rapidement par les mamans et leurs enfants au fur et à mesure de la production). De plus, au démarrage du projet, la spiruline n'était pas connue à Bakel et son acceptation n'était pas certaine. Bref, de fil en aiguille, la production s'arrêta, même s'il ne se passa pas un jour depuis sans que Samba et Moussa ne parlent de spiruline !

Le séchoir solaire de type armoire (peint en noir à l'origine). L'air rentre par le bas, se réchauffe dans la partie en tôle, et passe naturellement à travers les claies de séchage dans le coffre en contre-plaqué (l'air chaud remonte toujours), et ressort par la partie en tôle supérieure. Un peu encombrant mais efficace !

Le séchoir solaire de type armoire (peint en noir à l'origine). L'air rentre par le bas, se réchauffe dans la partie en tôle, et passe naturellement à travers les claies de séchage dans le coffre en contre-plaqué (l'air chaud remonte toujours), et ressort par la partie en tôle supérieure. Un peu encombrant mais efficace !

Samba m'explique qu'ils ont toutefois dû ajouter une vitre afin d'obtenir une chaleur suffisante pour le séchage de la spiruline.

Samba m'explique qu'ils ont toutefois dû ajouter une vitre afin d'obtenir une chaleur suffisante pour le séchage de la spiruline.

Le premier bassin de 5m2, encore en bon état, il pourra facilement accueillir la souche après un petit nettoyage et la réinstallation des bâches de protection.

Le premier bassin de 5m2, encore en bon état, il pourra facilement accueillir la souche après un petit nettoyage et la réinstallation des bâches de protection.

En 2008, Samba participa au colloque sur la spiruline au Togo, où il rencontra de nombreux spiruliniers français et africains, dont Ripley Fox, Gille Planchon et bien d'autres. Il se souvient même avoir rencontré Cédric Lelièvre, chez qui j'ai fait mon stage il y a quelques mois, le monde des spiruliniers est en effet très petit ! A l'occasion de ce colloque, Samba, qui en était au début de sa production, s'était engagé à recenser les producteurs sénégalais et à proposer un moyen de rester en contact. Samba sourit en avouant qu'il avait un peu mis les choses de côté, se sentant un peu seul dans cette partie la plus à l'est du Sénégal.

Pourquoi ne pas reprendre ce travail et rapprocher les différents membres de la famille spiruline au Sénégal ? Nous voilà déjà unis entre Tamba et Bakel, si mes déplacements me le permettent, je pourrai rendre visite à d'autres producteurs dans le pays. La liste n'est a priori pas longue, et je suis en contact avec un projet qui vient de commencer sur Kaolack...

Alors à bientôt pour de nouvelles visites !

Rédigé par Claire

Publié dans #Spiruline, #Visites et rencontres

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Claire CLEMENT SECK 15/04/2014 11:54

Bonjour Moussa et Samba,
Merci pour votre accueil et à très bientôt, le travail ne fait que commencer !
J'espère que la souche se porte bien ;-)

Moussa NDIAYE 15/04/2014 11:35

salut nous avons apprécier le contenu de l'article
merci encore pour cetravail