Atelier de présentation de la Spiruline Keer Mariama à Kaolack

Publié le 19 Décembre 2014

Atelier de présentation de la Spiruline Keer Mariama à Kaolack

Ce mercredi 17 décembre, à l'hôtel Le Relais de Kaolack, a eu lieu le premier atelier de présentation de la ferme à spiruline de Ndiafatte, en partenariat avec Caritas Kaolack. Je vous avais déjà parlé de cette nouvelle ferme il y a quelques mois (voir l'article) que j'avais visitée au retour de mon voyage dans le Sine Saloum. Comme j'avais gardé contact avec le Père Pichonnaz, ce dernier m'invita gentiment a participer à cet événement important pour le développement de leur activité.

L'objectif de cet atelier était de faire connaître la spiruline Keer Mariama au niveau des autorités administratives, des services techniques, ainsi que des projets et ONG intervenant dans la lutte contre la malnutrition. Même si l'assistance ne fut pas aussi nombreuse qu'espérée, le Gouverneur de la Région de Kaolack en personne nous fit l'honneur d'ouvrir la séance... une présence exceptionnelle qu'il faut saluer et qui montre la ferme de Keer Mariama commence à intéresser les plus hautes autorités !

Dans son introduction, comme il est d'usage au Sénégal, le gouverneur ne manqua pas de mentionner les petites différences entre ethnies (cousins à plaisanterie) en citant un dicton wolof et sérère sur l'importance de s'alimenter : "Un sac ne peut tenir debout que lorsqu'il est plein". Dicton qui semble-t-il n'existe pas chez les peuls... ce qui permet de conclure (comme si nous en doutions) que les wolofs et les sérères sont les plus gourmands des trois ! Hors, tout le monde en convient aujourd'hui, il ne suffit pas de remplir le sac, il faut aussi se préoccuper de la qualité de ce qu'on y met... d'où la pertinence de la spiruline, dans un contexte où l'alimentation moderne devient de plus en plus pauvre en vitamines et minéraux.

Ouverture officielle de l'atelier par M. Amadou SY, Gouverneur de la Région de Kaolack (au centre), l'Abbé Pierre Dione, Vicaire Episcopal du Diocèse de Kaolack (à gauche), et le Père Pichonnaz, promoteur de la ferme (à droite).

Ouverture officielle de l'atelier par M. Amadou SY, Gouverneur de la Région de Kaolack (au centre), l'Abbé Pierre Dione, Vicaire Episcopal du Diocèse de Kaolack (à gauche), et le Père Pichonnaz, promoteur de la ferme (à droite).

A l'origine de la ferme Keer Mariama, le Père Marcel Pichonnaz et Demba Ba.

A l'origine de la ferme Keer Mariama, le Père Marcel Pichonnaz et Demba Ba.

C'est dans cette volonté de lutter contre la malnutrition tout en proposant un produit local que le Père Marcel Pichonnaz et Demba Ba initièrent le projet de la ferme à spiruline de Ndiafatte. Un projet fou, soutenu par quelques amis et membres de la famille, et qui aujourd'hui est une ferme de 500m2 produisant de la spiruline depuis près d'un an !

Le Père Pichonnaz, du haut de ses 60 ans de Sénégal, parle avec modestie mais aussi avec espoir de Keer Mariama, qui est une aventure bien plus grande qu'il ne l'avait imaginée au départ. Demba Ba, en technicien expérimenté, défend quant à lui la spiruline avec passion. Le duo est sympathique et touchant... Père Marcel, suisse catholique, et Demba Ba, peul musulman, à l'image du dialogue chrétien-musulman auquel le père Pichonnaz a pris part tout au long de sa vie de missionaire du Sacré-coeur.

Tous deux espèrent que la spiruline pourra être testée dans un maximum de dispensaires et centres de récupération nutritionnelle de la zone. Les débuts sont timides, et beaucoup restent sceptiques sur l'usage de la spiruline... on a tôt fait de classer la spiruline dans la catégorie des "médicaments miracles" ou au mieux des "compléments alimentaires". On se demande comment donner la spiruline aux enfants malnutris, quel "protocole" utiliser, quelles sont les contre-indications, quels sont les potentiels effets secondaires...

J'ai été impressionnée de voir avec quelle simplicité ils répondirent aux questions difficiles mais légitimes de l'assemblée, en présentant la spiruline comme un aliment à part entière, certes concentré, mais permettant par son contenu riche en vitamines, minéraux et acides aminés, de renforcer le système immunitaire de l'individu et d'aider l'organisme à revenir à un état d'équilibre. Une vision globale de la santé, à l'opposé de la vision symptomatique de la médecine moderne... Pas d'effets secondaires connus, pas de contre-indication : au contraire, on recommande par exemple aux femmes enceintes de consommer de la spiruline quotidiennement.

Certes, concernant la récupération d'enfants malnutris, la prudence est de mise, notamment lorsqu'il s'agit de donner de la spiruline dans le cadre des "protocoles gouvernementaux" : les agents de santé ne sont pas libres, quand bien même ils seraient volontaires pour tester. D'où l'appel du Père Pichonnaz aux professionnels de la santé et aux universitaires, afin de travailler ensemble pour déterminer de bonnes conditions d'utilisation de la spiruline... et ce dernier de conclure, non sans humour, que lorsqu'un médecin nous dit que manger une pomme est bon pour la santé, on ne lui demande pas quel est le protocole pour la consommer !

Demba Ba, "jeune homme de 60 an", toujours enthousiaste et passionné lorsqu'il parle de spiruline !

Demba Ba, "jeune homme de 60 an", toujours enthousiaste et passionné lorsqu'il parle de spiruline !

Soeur Dominique, présentant les premières expériences d'utilisation de la spiruline au centre de santé de Sokone.

Soeur Dominique, présentant les premières expériences d'utilisation de la spiruline au centre de santé de Sokone.

A l'heure actuelle, seul le dispensaire de Sokone expérimente la spiruline de Keer Mariama sur les enfants malnutris. Soeur Dominique partagea cette première expérience en expliquant le protocole suivi. Lorsqu'un enfant est dépisté malnutri, il suit pendant la première semaine le protocole fixé par l'état ("plum peanut"). Au 2e contact, la spiruline est proposée en complément, sous forme de poudre, à raison d'1g par jour pendant 6 jours. La première prise est généralement difficile, mais l'enfant prend ensuite très bien la spiruline, voire la réclame si la maman l'oublie dans la bouillie ! Un enfant est récupéré en 4 à 8 séances, et le dispensaire à déjà pu rétablir 70 à 80 enfants par an. Les infirmières constatent que les enfants ont une plus belle peau et un meilleur appétit depuis qu'elles utilisent la spiruline. Les résultats sont donc positifs, mais comme la spiruline est donnée en plus des compléments alimentaires des programmes de l'état, il n'est pas possible de distinguer l'effet "spiruline" du reste. Toujours est-il qu'en période de rupture de stock des compléments alimentaires, la spiruline reste quant à elle disponible...

La ferme Keer Mariama se veut un projet humanitaire, dont l'objectif est de fournir gratuitement de la spiruline aux dispensaires du diocèse et au-delà. Bien sûr, on se doute qu'un projet totalement humanitaire n'est pas viable tant les coûts de fonctionnement d'une ferme à spiruline sont importants. Demba Ba assure qu'ils iront au maximum de leur capacité en allouant 50% de leur prodution à l'humanitaire. Il faudra donc vendre les 50% restant à un prix de soutien afin de faire tourner la ferme. Le public visé est assez large, puisque tout le monde peut gagner à consommer de la spiruline : pour la santé globale des grands et des petits, pour soutenir les personnes âgées, pour renforcer le système immunitaire des personnes affaiblies, pour améliorer les performance des sportifs, pour assurer une grossesse sans carence des femmes enceintes... la liste est longue !

Les sachets sont d'ores et déjà disponibles à la ferme au prix de 7000F les 100g. Un point de vente est également présent à l'hôtel Le Relais de Kaolack. Alors si vous souhaitez tester la spiruline tout en ayant une action humanitaire, n'hésitez pas, foncer acheter votre petit sachet !

Pour information, un sachet de 100g permet une consommation quotidienne de 3g par jour pendant 1 mois. On peut consommer la spiruline en cure d'un ou plusieurs mois, une ou plusieurs fois par an, selon les besoins de chacun. Cela représente une dépense de 210F par jour, ce qui permet de relativiser le coût du sachet !

La spiruline Keer Mariama est vendue à la ferme au prix de 7000F le sachet de 100g (poudre).

La spiruline Keer Mariama est vendue à la ferme au prix de 7000F le sachet de 100g (poudre).

Il existe également un point de vente à l'hôtel Le Relais de Kaolack (33 941 10 00 ou 33 941 10 01)

Il existe également un point de vente à l'hôtel Le Relais de Kaolack (33 941 10 00 ou 33 941 10 01)

Pour contacter la ferme Keer Mariama :

Santuaire Keer Mariama à Ndiafatte

77 273 97 78

rppich@gmail.com

Rédigé par Claire

Publié dans #Spiruline

Commenter cet article

diop 22/12/2015 12:51

Jador ceux q Cousin faite